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4 juillet, 2017

Le « Grand Rassemblement Ordonné pour les Kolossales Oblations à Macron »

Classé dans : Non classé — Sébastien @ 11:11

Après être allé à Canossa (ou plutôt à Berlin), notre cher (et brillant) premier magistrat de la République entend nous imposer le GROKO à la française, que je propose de rebaptiser le GROKOM (le parti, pas le Président) plutôt que la République en marche (qui a des relents pétainistes). Le GROKOM signifiant : « Grand Rassemblement Ordonné pour les Kolossales Oblations à Macron ». Comme il y a un caractère très religieux dans le Macronisme, voilà un acronyme qui irait à ravir. « Il n’y a plus ni juifs, ni grecs » s’était écrié Saint Paul ; il n’y a plus ni droite, ni gauche s’exclame notre nouveau Roi dont « la première semaine a été parfaite », « le gouvernement plébiscité par les français » nous disent dans un chœur sans fausse note nos médias selon leur liturgie en l’honneur du nouveau Jupiter. La seule question qui se pose est : guérit-il les adolescents de l’acné comme jadis sa Majesté le fît des écrouelles ?

« Macron te touche, le marché te bénit ».

Chaque peuple a le président et les assemblées qu’il mérite. Rousseau qui est le père de la démocratie moderne nous avait déjà prévenu : « Le peuple anglais pense être libre, il se trompe fort, il ne l’est que durant l’élection des membres du Parlement ; sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien. » Du contrat social, on ne retient généralement que le titre I (voire le II) pour justifier les beaux principes de notre Révolution. Mais Rousseau, ne s’est pas arrêté au titre II et après nous avoir exposé ce que seront les principes de la déclaration de 1789, il pense au reste : notamment ce qu’il advient d’une société où les citoyens s’imaginent que les mots suffisent pour couvrir de  vérité leurs illusions. En bon philosophe des Lumières, il connaît parfaitement la Démocratie, spécialement la démocratie grecque. Rousseau sait que si démocratie il y a eu, c’est à Salamine que la Grèce la doit. La « victoire des rameurs », c’est-à-dire du peuple mobilisé contre l’ennemi, qui a permis à celui-ci de participer au souverain, de gagner sa liberté et le droit de choisir les personnes et les institutions qui le dirige. Hegel écrira dans la  Phénoménologie de l’esprit que « c’est seulement par le risque de sa vie qu’on conserve la liberté. » Nous avons depuis longtemps abdiqué, car nous ne considérons plus que notre liberté doive être défendue au prix de nos vies. Ce que nous vivons actuellement n’est qu’une mise au pas voulue par ceux qui savent (et Macron, initié chez Rothschild, sait ce qu’est la réalité du monde) et qui sont conscients que nous ne nous rebellerons plus jamais. La mise au pas au sein du parti unique, n’est que la conséquence logique d’un peuple qui croit seulement aux illusions et ne veut plus voir la réalité des choses. Cachez cette oligarchie pléonexe qui nous gouverne et que je ne saurais voir. Il vient de nous le dire : il y a ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien, ceux qui ne sont bon qu’à boire, se droguer ou finir noyer en pleine mer.

Quand Macron n’était que ministre de l’économie et des finances, je m’étais fait la réflexion que ces gens-là (ceux qui savent où se trouvent les centres réels de pouvoir) exerçaient le pouvoir mais ne se présentaient jamais aux élections. Qu’ils étaient toujours dans l’ombre mais tiraient discrètement les ficelles et n’auraient pas supporté l’affront d’être battu dans les urnes. C’était oublier deux choses : 1) Rothschild avait déjà placé un président de la République (le placide et bien-aimé Pompidou, dont je vous conseille néanmoins d’écouter les allocutions faites sur la concurrence en son temps) et 2) que la France n’est plus une démocratie depuis – au moins – l’élection de Chirac (pour ne parler que de la période purement contemporaine et de cette parodie de démocratie que fut l’élection présidentielle de 2002) et que les médias ne sont plus qu’une instance de propagande du mondialisme-heureux-défendant-la vérité-contre-les-dangereux-populistes. D’ailleurs Sarkozy nous l’avait dit en 2007 : nous allons vers le nouvel ordre mondial. Si le nouvel ordre mondial n’a pas besoin de démocratie, il a en revanche besoin de l’illusion de la démocratie : que nous allions déposer, pieusement, une fois tous les cinq ans, un bulletin dans une urne afin de nous persuader que nous sommes libres. Ce qui donne lieu à six mois de litanies, de sentences, de débats, de « décorticage » par des « spécialistes », des « sondeurs », des « experts », des « analystes » ; bref tout ce que notre monde sait faire de plus sérieux et de plus inutile. Aphatie étant de ce point de vue le plus caricatural des journalistes analphabètes et crétins qui posent des questions qui ne servent à rien. De là les sempiternels clichés sur « le droit de vote est trop important. Nous nous sommes battus pour l’avoir et il faut donc aller voter », ou encore « les femmes n’ont eu le droit de vote qu’en 1944, alors il est important pour nous, femmes, de nous faire entendre » ; et les légions de démocrates d’aller déposer, dans l’urne, et par cohorte, leur petite fiche au nom du candidat préféré des médias de notre beau pays.

Dans une vraie démocratie, les sondages n’existeraient pas et les résultats ne seraient connus qu’une fois devenus définitifs, pas à 20h01 avec une précision au dixième de point (qui devrait en elle-même paraître suspecte). De même que le battage médiatique fait autour d’un ou plusieurs candidats imposés par la presse serait impossible. On devrait être révolté contre le fait que l’on nous force quasiment à votre pour un candidat qui, sans la presse, ferait à peu près le même score qu’Asselineau et qui, au final, ne réunit pas même un français sur quatre.

Mais disant tout cela, je rêve. Je suis un homme du passé qui compte plus sur son intuition, sa pensée et son âme que sur internet, les médias et les objets connectés. Je laisse donc mes contemporains se vautrer dans la dictature la plus abjecte (celle dénoncé en son temps par Tocqueville, les curieux iront lire et les autres, jetant un coup d’œil discret sur internet, diront « ah oui, mais ce n’est pas ça du tout ! ») et les féliciter d’avoir élu un ancien ministre qui, après avoir rétabli le servage (la fameuse loi qui porte son nom et impose le travail le dimanche et la nuit, suivant le bon vouloir de ces messieurs les patrons), va – en tant que président de notre République – détruire méthodiquement tout ce que nos ancêtres avaient gagné par leur combat (parfois à mort) de liberté et de droit contre le capitalisme, tout cela pour nous faire revenir au XIXème siècle et aux méthodes d’avant 1844. Le « dialogue social » au sein de l’entreprise n’existe pas sans des regroupements de personnes (ce que nous appelons « syndicats ») : il ne peut pas exister de dialogue entre un patron puissant et une collectivité de salariés non regroupés qui défendent chacun leur intérêt particulier, car on trouvera toujours quelqu’un prêt à venir travailler un dimanche pour tout un tas de raisons (et spécialement parce que vivre coûte de plus en plus cher). D’ailleurs sa Majesté Jupiter 1er a nommé comme ministre du travail une ancienne « DRH », ce qui laisse augurer de ce que sera sa position : trouver un consensus mou autour de termes vagues, englobants et « non stigmatisants » et de thèmes imposés et où l’on fait semblant de céder sur toutes les lubies des uns et des autres, mais où, en fin de compte, on impose son point de vue ; quitte à rappeler, à la fin, qui décide (dans des termes choisis qui ont la caractéristique d’être : vagues, englobants et « non stigmatisants »). Il ne viendra pas à l’idée des imbéciles connectés que la vie puisse être autre chose que d’accumuler toujours plus et, pire, de dépenser cet argent en vétilles de toute sorte. Il ne leur viendra pas non plus à l’idée, qu’après avoir rincé les couches populaires, leur tour viendra de cracher au bassinet ; et que le jour où ils seront devenus obsolètes, en tant qu’objet du système, on les jettera aux ordures de la société de consommation. Ce jour-là, peut-être, comprendront-ils que dans la société mondialisée heureuse, il vaut mieux être jeune et beau pour être riche et que le jour où l’on est vieux, si l’on n’a pas d’argent pour se payer un lifting (physique et moral), on n’est plus rien et on n’a plus rien. Ils comprendront que la mondialisation heureuse n’est qu’un leurre au bénéfice de la ploutocratie mondiale : de ces 200 familles qui se partagent le monde (ce n’est pas moi qui le dit mais… une université Suisse). Ils seront ceux qui traînent dans ces gares et qui « ne sont rien » selon le mot de ce pitre condescendant qui nous sert de président. Peut-être alors regretteront-ils la sécurité sociale et l’assurance retraite et plus généralement le préambule de Constitution de 1946, et ils comprendront que les cotisations sociales ne sont charges que dans la bouche des suppôts du capitalisme et dans la comptabilité des entreprises.

Jamais ils ne comprendront, ces imbéciles, que la raison d’être d’une banque est justement que vous soyez endettés, et que dans l’esprit d’un banquier, l’Etat n’est qu’une grosse entreprise bénéficiant de l’avantage de pouvoir faire payer perpétuellement ses sujets ; qu’ainsi plus nous serons endettés, plus nous paierons d’intérêts et mieux le système bancaire se portera. Une banque n’a strictement aucun intérêt à votre désendettement et jamais les Etats ne se désendetteront pour la bonne et simple raison que nous ne remboursons pas notre dette, ce qui sera encore aggravé avec la reprise par l’Etat de l’assurance chômage. Et que sauf à reprendre le contrôle de notre monnaie et dénoncer cet état de fait, nous sommes pieds et poings liés au système financier et destinés à payer jusqu’à la consommation des temps.

Qu’un système aussi inique et absurde arrive à se perpétuer avec l’assentiment de la multitude, depuis aussi longtemps, montre bien l’état de déliquescence morale et intellectuelle de notre société. C’est un peu comme si l’esclave montrait ses chaînes et fers avec fierté en disant qu’ils sont peut-être lourds, mais qu’au moins ils brillent.

 « L’homme d’autrefois ne ressemblait pas à celui d’aujourd’hui. Il n’eût jamais fait partie de ce bétail que les démocraties ploutocratiques, marxistes ou racistes, nourrissent pour l’usine et le charnier. Il n’eût jamais appartenu aux troupeaux que nous voyons s’avancer tristement les uns contre les autres, en masses immenses derrière leurs machines, chacun avec ses consignes, son idéologie, ses slogans, décidés à tuer, résignés à mourir, et répétant jusqu’à la fin, avec la même résignation imbécile, la même conviction mécanique : « C’est pour mon bien… c’est pour mon bien… »

Bernanos, La France contre les robots

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