Mélanges

28 février, 2008

Définitions

Classé dans : — Sébastien @ 19:41

Amitié :

Bien le plus précieux. Contrairement à ce que l’on croit l’amitié n’est pas une sorte d’amour édulcoré ; la dimension sexuelle en est absente. L’amitié est avant tout esprit et non corps. En cela l’amitié entre l’homme et la femme peut exister. L’amitié est le pardon perpétuel, le don sans jugement de sa confiance à autrui. La notion de culpabilité en est également absente.

La véritable amitié ne connaît pas les défauts de l’autre, elle ne s’offusque pas de ses travers, elle offre son dévouement sans rien en retour : C’est en cela la version la plus courante de la charité. Il ne doit entrer aucun calcul dans l’amitié : c’est en cela qu’on décèle le véritable ami.

 

Amour :

Sentiment qui élève ou abaisse. Chez la plupart des hommes, l’amour est une marque de la divinité (comme pour l’étrangère de Mantillet chez Platon) bien que cela soit plutôt inconscient. Il ne lui manque point le côté transcendantal que marque l’initiation par les divers stades de la pensée amoureuse.

C’est d’abord un choc qui bouleverse l’homme dans ses profondeurs : il a le sentiment de l’insondable. Puis se fonde une certitude : il est impossible de vivre loin de l’être aimé ; ensuite viennent les épreuves : on doute, on espère. On est soumis à la loi de l’autre. C’est précisément à ce moment que l’on s’élève jusqu’à la félicité suprême (on est aimé) ou à la tristesse absolue (il faut oublier), ou que l’on descend dans l’abjection de soi et de son âme : je sais que je dois perdre l’autre mais je ne veux pas le faire car cela me coûte trop.

Pendant tout ce temps l’autre a pris un tel pouvoir sur nôtre âme qu’il en est quasiment devenu le maître : on n’a plus de temps à consacrer à personne, on néglige son entourage et ses devoirs. La passion qui dévore l’homme est sans limites : c’est le sentiment de l’infini donc de Dieu. C’est aussi un vertige où l’esprit s’abîme.

L’amour se dénoue généralement par le sexe, c’est-à-dire par le corps : c’est en cela qu’il n’est qu’un succédané de l’Amour véritable qui gît dans la béatitude.

 

 

Droit :

C’est le caractère d’une chose qu’une société reconnaît licite à un individu, ou à un groupe d’individu, de faire ou de ne pas faire. Le droit se différencie de la morale par son caractère d’acceptation commune. A tel point qu’un adage latin dit que l’erreur commune produit le droit (error communis facit jus). Il est nécessaire de s’entendre sur des principes communs d’où le droit. Il est un compromis hérité soit d’anciens usages, soit de nécessités pour vivre ensemble. Le droit s’appuie sur deux principes majeurs : l’habitude et le jugement.

Qu’il soit coutumier ou écrit, le droit ne fait que reprendre les usages établis, d’où sa complexité, et c’est pourquoi Platon le plaçait au sommet de la connaissance : qui connaît le droit connaît les hommes. Le droit est naturellement lié à l’histoire en ce qu’il s’inscrit dans la vie de la civilisation. Il est donc la matière la plus proche de la vie, car il doit en saisir toute la complexité.

Le juge est le second principe qui régit le droit, car il arrive que le conflit ne soit pas enserré dans une règle précise : il faut un arbitre qui départage les torts. Dans les sociétés coutumières c’est la sagesse (jugement des vieillards censés savoir les usages) qui prime ; dans les pays de droit écrit c’est l’esprit de la règle qui importe, et le juge, par sa longue formation, est censé l’avoir acquis.

La connaissance du droit est toujours liée à l’expérience : jugement des vieux ou apprentissage long et difficile dans les écoles auprès des « doctes » (doctores).

Dans les sociétés démocratiques, la philosophie du droit est que la société a toujours raison contre le particulier, et c’est qu’enseigne la mort de Socrate.

 

 

Décadence :

C’est le produit d’un certain état de la société qui est caractérisé par l’inversion des valeurs. Elle rapetisse tout ce qui fut sa grandeur, condamne ses amis, flatte ses ennemis et renie son passé, c’est-à-dire ses origines, au nom du présent.

On note dans le langage des sociétés décadentes une évolution identique : la langue se teinte de mots étrangers et on n’use plus de la richesse de son propre idiome. Les patois et les langues étrangères refleurissent.

Tout régime est appelé à la décadence, et Aristote nous en a déjà dressé une typologie. Il semble que la démocratie se finisse toujours par l’anarchie car elle ne peut imposer une volonté générale, et que le privé finit toujours par l’emporter sur le public. Il lui faut se terminer par une dictature ou une guerre civile, c’est-à-dire par un retour hégémonique de la sphère publique, ou par un effondrement interne de ses structures Après quoi viennent les féodalités ou régimes aristocratiques, puis les monarchies qui centralisent le pouvoir, permettant aux classes moyennes de prendre conscience d’elle-même, et du pouvoir qu’elles peuvent jouer – notamment sur le plan financier en voulant voter l’impôt– puis elles exercent à nouveau le pouvoir sous le beau nom de démocratie, ce qui achève et recommence un nouveau cycle. La décadence de la démocratie intervient lorsque les classes moyennes repues, se désintéressent de la chose publique, en lui préférant le bien-être individuel. Bientôt elles combattent l’Etat comme un mal qui interfère dans la sphère privée. Le désordre s’installe car les représentations de l’Ordre ne sont plus assurées. A un certain point c’est la sûreté qui devient le bien le plus précieux, alors le pouvoir se délite et devient féodal : les hommes cherchant avant tout la protection des puissants. Dans un même temps le pouvoir central devient omnipotent et s’immisce dans tous les domaines de la société : l’Etat cherche à tout réglementer, et à prévenir le risque. Tel un Moloch fabuleux, il engloutit des sommes considérables pour assurer ce qu’il croit être le bien-être de tous. La population finit par ne plus pouvoir payer les impôts, et doit ses revenus aux subsides publics (de manière directe ou indirecte). Une pression continue s’accroît jusqu’à un point de rupture où les classes moyennes disparaissent, préférant l’abri et l’esclavage à la pauvreté.

 

 

Responsabilité

C’est la contrepartie d’un droit. Ce sont les contraintes liées à l’exercice d’un pouvoir reconnu par la société. Le meilleur exemple en est la responsabilité en droit civil. L’homme qui faillit à ses responsabilités se dégrade car il déroge à la confiance que la société lui donne. C’est grâce au libre arbitre que l’homme est responsable : il lui appartient par ses choix de se rendre, ou non, digne de confiance et ainsi de s’aimer lui-même ou de ne pas agir et de perdre son estime en face de lui-même. Il suit de là que seul les hommes libres sont responsables : libre dans l’acception première du terme mais également de manière plus imagée (libre dans sa conscience et son âme), il suit de là que le fou n’est pas responsable. L’acceptation de la responsabilité induit une forme de courage, car il faut rendre des comptes à autrui du pouvoir dont on a été investi et de la manière dont on s’en est servi.

La responsabilité est aussi une des marques de la liberté. Elle est intimement liée au libre-arbitre, car il appartient à chacun de choisir à chaque instant entre le bien et le mal ; la responsabilité ainsi entendue se résume aux conséquences des choix effectués par l’homme en son âme et conscience en fonction des critères qui lui permettent d’agir. Il faut alors assumer l’ensemble des suites de son choix. Le sentiment de la responsabilité tragique d’un événement (pour nous même ou pour la société) entraîne bien souvent celui de la culpabilité (étymologiquement de la faute). C’est le début du salut de l’homme.

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